Un système au-delà des modes,

ou le postmodernisme flamand en audio

 

Voici deux lieux, à la fois différents et semblables, dont l’atmosphère harmonieuse a été inventée par James Webb, designer et architecte installé à Amsterdam et grand amateur de vinyles. Les deux appartements que l’on découvre ici, il les a occupés successivement, y installant son système Hifi dont on pourra noter les quelques évolutions qu’il a connues durant cette période. Entre l’ancien appartement qu’il vient de quitter et le nouveau, on retrouve le même esprit, le même dépouillement des pièces, le mobilier rare, choisi, et un souci de la lumière qui vient appuyer l’impression de quiétude et de sérénité qui se dégage de ces lieux.

Platine analogique Pro-Ject 6rpm TT, Speedbox SE, cellule Grado ou Denon DL-103, pré-phono Musical Fidelity X-LPS v3/X-PSU, amplificateur intégré à tubes Prima Luna Prologue Two, enceintes EPOS M12, puis Living Voice Auditorium Series, lecteur CD Cambridge Audio… Le choix des éléments composant son système ressemble plus à celui d’un audiophile pur et dur, qu’à celui d’un esthète épris de design. Cette sélection s’explique pourtant par son approche de la haute-fidélité, en lien direct avec la façon dont il appréhende son métier d’architecte et de designer :
« L’architecture est souvent présentée comme un mélange de disciplines artistiques et scientifiques et l’on pourrait appliquer la même définition à la haute fidélité high-end. Un domaine qui nécessite une approche technique rationnelle mais aussi une vision purement émotionnelle. En architecture, je ne recherche pas la nouveauté pour la nouveauté. J’estime au contraire que ce qui nous a précédé peut demeurer pertinent et mérite alors de continuer à être développé. Cela me plait de savoir que mon matériel Hifi n’est qu’une interprétation contemporaine d’une technologie aussi ancienne que l’amplification à tubes.

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Les lieux où je vis associent le style moderne du milieu du XXe et le mobilier contemporain. Ils sont à la fois musées et ateliers de recherche.
90% de mes écoutes sont consacrées au vinyle sur une platine modeste, mais très attachante. Le lecteur CD ne me sert qu’à mes moments de paresse, lors de dîners ou de soirées entre amis. Je ne consomme pas de musique dématérialisée, encore moins de mp3. J’aime posséder des disques, les désirer, les dénicher et en prendre soin.

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La démarche de l’agence d’architecture que je dirige avec mon associé, Kirsten Gabriëls, est similaire. Le modernisme des années 50 et 60 y occupe une part importante de notre réflexion – même s’il peut sembler paradoxal de désigner par ce terme une période aujourd’hui révolue. Notre objectif est de tendre vers la continuation de la tradition moderniste en intégrant les constantes évolutions sociales, technologiques et culturelles. Non pas l’attrait de la modernité pour elle-même, mais bien la poursuite d’un idéal.
Ma Hifi est une constante source de plaisir et de relaxation. En tant que designer, concerné par l’aspect formel des choses, j’ai pu construire au fil du temps un système qui n’a rien d’ostentatoire. Le fruit de la recherche d’un équilibre entre ce qui est important pour la qualité sonore et ce qui est essentiel à l’harmonie d’un lieu devient le sujet d’une “conversation” perpétuelle. »

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Photographies : James Webb
Merci à Hermann et Jochem van den Dungen pour leur aide à la réalisation de ce reportage | primalunablog.com

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