Les fondus du son #2

Pavillons sous bois

Avantgarde et Fertin
 

Au Japon, les audiophiles les plus passionnés vivent la reproduction musicale sans aucune autre forme de considération que celle de l’approche la plus fidèle au son original. Les moyens mis en œuvre répondent à des choix techniques assez variés qui peuvent aboutir parfois à des installations de l’extrême avec une débauche de matériels installé dans quelques mètres carrés seulement, surface habitable limitée oblige… Les reportages réalisés par Jean Hiraga du temps de la Nouvelle Revue du Son et de L’Audiophile, et plus récemment pour Stéréo et Image ont permis aux amateurs français de se faire une idée assez précise de la quête japonaise du Saint Graal musical.

Il est ainsi fréquent de trouver des systèmes à forte dose d’électroniques Accuphase et d’enceintes acoustiques JBL Pro à haut rendement dont on raffole beaucoup au pays du Soleil Levant. D’autres ne jurent que par les réalisations artisanales nationales comme les électroniques à tubes de Shindo Laboratories ou celles à transistors de Kaneda, et les enceintes à haut-parleurs Go-To ou Onken. Il y a également ceux qui n’ont pas décollé, souvent à juste raison, des mémorables appareils conçus et réalisés par la Western Electric avant et après le second conflit mondial. Le Japon est probablement le pays où la concentration de matériel en provenance de cette firme américaine est la plus élevée au monde, après les Etats-Unis. Il ne faut évidemment pas oublier ceux qui conçoivent tout ou partie de leur système en suivant des voies tracées par les grands noms de l’électronique et de l’acoustique mais qui y ajoutent leur savoir-faire et leur tour de main, à l’image de Monsieur Machida. Les enceintes à base de composants Western Electric sont montées dans des pavillons et filtrées par des cellules passives qu’il a lui-même calculés. Les sources analogiques d’origine Garrard et les électroniques à tubes conçues par lui-même sont installées dans des châssis massifs constitués de multiples essences de bois pour briser toute résonance parasite. De plus il a mis au point et breveté un circuit de redressement à diodes qui comble certains défauts du principe traditionnel à double alternance. Plus près de chez nous, en France, il existe quelques systèmes d’exception dont l’exotisme et la musicalité ne sont pas sans rappeler ceux qui font la fierté des audiophiles nippons.

L’extrémisme audio près des jardins du Roi

C’est à quelques kilomètres du Château de Rambouillet que nous nous rendons en cette journée de décembre dernier. Notre hôte, Monsieur S, nous accueille dans une maison abritée par les chênes de la forêt rambolitaine après avoir très aimablement accepté de nous entretenir de son installation atypique que ne renierait pas un audiophile japonais. Tant par la quantité et l’originalité du matériel qui s’étale devant nous que par la place occupée par celui-ci dans la petite pièce d’à peine plus d’une vingtaine de mètres carrés où il est installé. C’est simple, dix mètres carrés pour le système et dix mètres carrés pour le magnifique tapis chinois posé au sol et le canapé deux places dans lequel nous nous installerons plus tard pour une écoute de très, très belle qualité. Les_fondus_du_son.jpg Ce sont d’ailleurs les deux seuls éléments à caractère amortissant dans la pièce carrelée, en plus du long rideau épais en velours bleu roi parsemé de fleurs de lys qui recouvre les murs très épais en arrière et sur le côté droit du système. Cette imposante installation est le résultat d’une longue démarche effectuée par notre hôte depuis le jour où, encore très jeune, il entendit pour la première fois un vinyle de musique classique sur le petit électrophone de ses parents, un Pathé Marconi mono à tubes alimentant un large bande elliptique. L’émotion ressentie à l’écoute fut telle qu’il tomba amoureux de musique classique et du son savoureux des tubes. Ce double coup de foudre fut le point de départ d’une passion qui ne cessa de grandir et qui est encore à l’origine de projets originaux dont une platine vinyle avec un plateau mû par flux d’air en cours de réalisation… Le premier système haute fidélité acquis par notre hôte était déjà orienté vers l’audiophilie avec une platine vinyle Pro-Ject, un lecteur CD Audio Analogue, des électroniques Vincent et des enceintes AvantGarde Duo. Quelques écoutes plus tard, ce furent des électroniques Melody dont des blocs SHW3A à triodes 300B montées en simple étage et un préampli SHW 1688 II qui supplantèrent les Vincent, et un lecteur de CD YBA en trois châssis devint la source numérique privilégiée. Le système évolua ensuite avec l’introduction de voies graves à pavillon à la place des caissons clos actifs des Duo. Les deux pavillons à profil combiné exponentiel et hyperbolique furent calculés par notre hôte par ailleurs professeur de mathématiques. Chacun chargeait frontalement deux haut-parleurs Fertin de 38 cm à excitation (alimentée par batteries) montés sur un large baffle ouvert. Du coup les deux blocs Melody 300B furent dédiés au grave, et deux amplificateurs Fi à triode 45 montée en simple étage de sortie, réalisés par Don Garber à New-York City, furent ajoutés pour l’alimentation des voies médium et aigu Avant Garde. Cette bi-amplification passive présente (toujours) la particularité de travailler sans aucun filtre entre le grave et le médium ! Le recoupement existe et même si sur certains et très rares microsillons on peut éventuellement déceler un petit quelque chose, il est miraculeusement inaudible et ne gêne absolument pas l’immense cohérence de la restitution. Une platine vinyle Pierre Riffaud Epure vient plus tard étoffer la configuration. Montée avec un bras unipivot VPI JMW 12.7 et une cellule MM Yamamoto YC01, elle est accouplée à un préampli phono Fi Yph et un transformateur adaptateur Audio Note AN-S2. Dans sa recherche de perfection sonore, Monsieur S remplace le haut-parleur de médium des Duo par un modèle à excitation qu’il a lui-même calculé et dont la membrane est celle qui équipe le haut-parleur large bande sans suspension Fertin Acoustic Model 7 de 16 cm. La définition fait un tel bond en avant que les membranes des 38 cm sont à leur tour remplacées par des cônes de Model 7 à suspension par tiges en carbone. La platine Epure se verra momentanément assistée d’un moteur externe à volant déporté à très haute inertie fabriqué par notre hôte avant son remplacement définitif par la platine actuelle conçue et réalisée par Monsieur S Pendant ce temps, la section analogique a progressivement évolué vers la tri-amplification passive. Un troisième amplificateur prend désormais en charge la voie médium des Duo sans aucun filtre passe bas. Seule la capacité originale en série avec le tweeter est maintenue. Un dernier mot à propos de l’alimentation électrique de toutes ces électroniques. Quatre énormes transformateurs isolent le secteur de l’installation, deux de type EI de 1 kVA, un torique de 1,5 kVA et un second torique de 2 kVA. Chaque secondaire des trois premiers attaque un transformateur à sorties symétriques 115-0-115V. La terre est ramenée au point milieu du secondaire de ces trois transformateurs qui redistribuent trois lignes 230VAC symétriques vers les électroniques. Quant au torique de 2 kVA, il alimente les dix transformateurs de l’alimentation du préampli T380. Le câblage entre les transformateurs déportés dans un coin opposé de la pièce et les électroniques a été réalisé par notre hôte avec des conducteurs de forte section, torsadés et blindés avant d’être passés dans des conduits en caoutchouc rempli de poudre de silice. Une manière très efficace de s’affranchir de la transmission des vibrations par les câbles secteur.

Le système actuel

Le passage à la tri-amplification a poussé un peu plus loin le système de Monsieur S vers le DIY extrême. En effet un schéma d’amplificateur monophonique a été étudié en collaboration avec Madotec selon un cahier des charges visant à réduire les compromis techniques au maximum tout en restant dans un budget, disons, pas trop déraisonnable. La solution des blocs mono a été privilégiée. C’est une triode à chauffage direct AD1 de chez Emission Labs qui a été choisie pour reproduire le médium. Elle est montée derrière un transformateur inter-étage à tôles au nickel dont le primaire est associé à un étage à tube 6E5P polarisé par une diode à vide 6W4-GT. La AD1 est polarisée en mode automatique par une résistance et un condensateur à feuillard cuivre de découplage Duelund, le transformateur de sortie est à circuit magnétique double-C. L’alimentation à pont de Graetz à tubes suivi d’une self double en tête est filtrée par une structure LCRC avec condensateur de sortie de très forte valeur. Un soin particulier a été apporté à l’alimentation à sources de courant des filaments des AD1. Le montage final a entièrement été réalisé par notre hôte selon une architecture qui rappelle les jardins miniatures japonais. L’étage d’entrée est installé sur une plaque de bois massif reposant par sustentation magnétique, le transformateur inter-étage, celui de sortie et la self de grille de la 6E5P sont enfouis dans de la poudre de silice. La section audio est au-dessus de la section alimentation réduisant ainsi les phénomènes de rayonnement. Amplificateur_6E5P_AD1.jpg La seconde modification électronique de taille du système – dans tous les sens du terme – fut le retour au numérique. En effet, le lecteur YBA des débuts fut abandonné pour être momentanément remplacé par un… iPhone et sa sortie casque. Sachant que le vinyle était LA source de prédilection, le numérique resta quelques temps le Poulidor des écoutes. Néanmoins notre hôte souhaitait revenir par la grande porte vers la technologie digitale avec le projet d’utiliser un ordinateur PC comme bibliothèque musicale. Restait à trouver un convertisseur vraiment musical… On parlait beaucoup à cette époque des chips ESS Sabre et Monsieur S s’intéressa lui aussi à ce composant aux spécifications alléchantes. L’idée germa alors de créer un préampli DAC avec un convertisseur DIY Buffalo double mono à base de puces ES9018 et une entrée analogique supplémentaire sur laquelle il serait possible de raccorder n’importe quelle source analogique de niveau ligne. Simple à priori, sauf que le schéma devait être à étage unique à tube, et pas n’importe quel tube puisque notre hôte avait jeté son dévolu sur la triode d’émission T380, utilisée dans le domaine de la radio transmission de forte puissance… De la haute tension pour traiter quelques dizaines de millivolts ! Toujours en collaboration avec Madotec, un schéma double mono fut mis au point à partir de nombreux échanges entre Monsieur S et la société parisienne, accompagnés de nombreuses simulations informatiques. La partie DAC fut réalisée à partir de sous ensembles Buffalo. La section analogique ultra minimaliste sur le papier fut l’occasion d’une magnifique aventure technique. Preampli_DAC_Buffalo_ES9018_et_tube_T380.jpg Monsieur S réalisa les plans des différentes pièces du châssis de son préampli DAC qu’il fit réaliser par une société spécialisée en Lorraine. Un châssis fut dédié à l’audio et un second plus grand fut réservé à l’alimentation. Le circuit audio traite la sortie du DAC Buffalo configurée en source de courant avec une conversion I/V par résistance. Le signal obtenu qui transite par un switch basculant également vers l’entrée analogique, est directement envoyé à la grille de la T380. Celle-ci est polarisée sous 1300 VDC de tension et un courant d’environ 120 mA… Des chiffres dignes d’un bel amplificateur de puissance. Le filament est gavé d’une tension et d’un courant ultra stables par le biais de deux cellules à self double et énorme condensateur. La polarisation de la triode est automatique à résistance et condensateur à feuillard cuivre Duelund de 125 uF… Mais tout cela n’est rien comparé au transformateur de sortie constitué de cinq tores nanocristallins de type Finemet à entrefer dont les enroulements primaires et secondaires sont respectivement câblés en série. Un curieux montage d’une efficacité redoutable à l’écoute qui appelle des explications. Le niveau de définition dont est capable le système de Monsieur S avant cette modification lui imposait de se surpasser dans le choix des composants, et notamment des transformateurs de sortie. Après avoir parcouru les catalogues de différents constructeurs, il commença à se documenter sur les matériaux magnétiques et les calculs de bobinages pour arriver à trois conclusions. La première est que le matériau actuel qui permet de réaliser les transformateurs les plus performants en termes notamment de haute perméabilité, de très faible hystérésis et à seuil de saturation très élevée est le Finemet mis au point par Hitachi au Japon. C’est une structure nano cristalline dont les grains très uniformes et de taille nanométrique sont parfaitement organisés. La seconde est qu’il n’existe quasiment pas de transformateurs à circuit Finemet sur le marché et qu’il fallut se résoudre à les réaliser. Quant à la troisième, elle montra à notre hôte que le couplage idéal (et sans considération de prix ou d’encombrement) entre spires primaires et spires secondaires ne pouvait aboutir qu’à des transformateurs à faibles impédances primaire et secondaire. D’où l’idée d’associer plusieurs transformateurs, cinq en l’occurrence, pour arriver au choix d’impédance finale en sortie de préampli de 10K : 600. Monsieur S se procura donc plusieurs tores nanocristallins.

Il découvrit que le matériau aussi mince que du papier à cigarette est d’une très grande souplesse et rend donc le tore quelque peu malléable malgré un enrubannage de protection. Ceci posa un sérieux problème pour réaliser l’entrefer indispensable qu’avait calculé notre hôte afin d’éviter tout risque de saturation sur les pointes de modulation autour du courant déjà élevé de polarisation. Il réussit à trouver une solution technique qui lui permet de réaliser un entrefer à partir d’une très fine lame de scie, sans que le sciage n’entraîne de déformation du matériau. S’en suivit le bobinage en conducteur argent monobrin isolé d’un diamètre très précis de chaque tore avec une machine que Monsieur S mit lui-même au point. 10_transformateurs_finemet_spires_argent.jpg Restait à accoupler ce remarquable montage à l’alimentation haute tension des T380 sous 1300 VDC et 120 mA en continu. On réalise le paradoxe de la situation où un signal qui tourne autour du volt va être géré par un étage actif alimenté par plus d’un kilovolt… Le filtrage se devait d’être particulièrement efficace pour que l’ondulation résiduelle en sortie d’alimentation reste inférieure au millivolt. Rappelons que nous n’en sommes qu’à l’étape de préamplification. Alimentation_electrique.jpg Les solutions adoptées furent très simples mais mises en œuvre de manière radicale. Le transformateur à tôles EI a été réalisé sur cahier des charges. Le redressement est à quatre tubes 3B28 à vapeur de xénon dont les filaments sont alimentés par des sources de courant Tentlabs. Le filtrage est du type à self en tête, et il est constitué de trois cellules, soit LCLCLC, où chaque self à double enroulement agit simultanément sur le + et le – de la haute tension. Une isolation parfaite est ainsi réalisée par rapport au secteur. Quant aux condensateurs électrochimiques haute-tension, la valeur capacitive en sortie totalise plus de 13000 uF… sous 1300VDC. On arrive à une énergie stockée de plus de 10000 joules, une valeur hallucinante qu’aucune, absolument aucune électronique actuelle proposée à la vente ne peut revendiquer. Il faut souligner le caractère très dangereux d’une telle alimentation qui ne peut être mis en œuvre par n’importe qui et n’importe où. Les performances sur transitoires, et donc en définition sur les micro détails, liées à une alimentation de ce type, à très basse impédance de sortie et à très haute énergie, sont tout simplement démentielles. Après quelques minutes, quand les condensateurs de sortie sont complètement chargés, il est possible d’éteindre l’alimentation haute tension et continuer à écouter la musique pendant presqu’une heure et demie avec des capacités dynamiques intactes. Ce qui rappelle au passage que la taille du transformateur d’alimentation n’a aucune relation directe avec les performances musicales d’un appareil conçu dans les règles de l’art.

2014, l’année du vinyle et du DAC nouveaux

Après les électroniques, ce furent les sources auxquelles notre hôte s’intéressa de près. Sa passion “innée” pour le vinyle l’amène à réfléchir au remplacement de l’Epure, pourtant excellente, par un modèle de son crû. Après s’être documenté intensément, Monsieur S entreprend l’étude d’une platine sur un principe qui l’interpelle depuis longtemps, celui du bras tangentiel. Déjà conscient de la difficulté de la conception et de la mise en œuvre d’une telle solution, il corse l’affaire en envisageant un corps de platine dont le plateau en rotation serait maintenu en lévitation par un coussin d’air. L’idée paraît simple, tout au moins sur le papier. Il souhaite réutiliser le système d’entraînement à courroie et à volant d’inertie déporté qu’il avait conçu pour l’Epure et profiter d’un flux d’air comprimé pour à la fois suspendre le plateau et… le bras tangentiel qui se déplacera sur coussin d’air par la simple force centrifuge appliquée par le sillon. Il calcule les côtes des pièces pour réaliser le plateau, le socle et le bras ultra court, dessine les plans ad’hoc qu’il adresse à la même société lorraine pour la fabrication, et s’approvisionne en composants pour générer l’air et propager un coussin d’air jusqu’aux endroits clés. Platine_et_bras_tangentiel_sur_coussin_d_air.jpg Un compresseur est installé en extérieur et un réseau de filtres purificateurs de qualité médicale est mis en place. Une nouvelle cellule Yamamoto YC02 est installée et notre hôte profite de cette nouvelle platine baptisée Alpha-Dzéta pour inaugurer son nouveau préampli phono, un modèle New Valve Order SPAII2 à tubes comportant 22 tubes (réseau RIAA, amplification, régulation) et une alimentation déportée. Tube_phono_preamp_NVO_SPA-II2.jpg Le numérique n’est pas abandonné pour autant, et Monsieur S porte son dévolu sur un convertisseur assez particulier vers lequel il s’est dirigé suite à de nombreuses conversations et échanges de mails avec Jean Hiraga et Dominique Mafrand. Il effectue même un voyage en Allemagne avec Jean Hiraga pour découvrir cette électronique au cours d’écoutes d’un très gros système à pavillons dont, nous confie-t-il avec humour, il n’est absolument pas convaincu par le rendu sonore. Néanmoins il cerne parfaitement le potentiel du DAC baptisé DDDAC1794NOS qu’il commande à Doede Douma, son concepteur. Il utilise huit chips PCM1794 mis en parallèle et travaille en 24/192 sur toutes ses entrées dont une USB à partir d’un PC ou d’un Mac. DAC_Doede_Douma_DDDAC1794NOS_.jpg L’intégration du DAC et du préampli phono en tête du système s’effectue de la manière suivante. La sortie analogique de chacun d’eux est dirigée simultanément vers un réglage de volume Khozmo à commutation de résistances de précision et vers une entrée du préampli Melody SHW 1688. Le Khozmo pilote le préampli T380 qui alimente les blocs AD1 (médium) et les 45 (aigu). Quant au Melody, il règle le niveau des blocs 300B (grave).

Rapides impressions d’écoute

Lors de notre visite, un petit problème de compresseur d’air ne nous a pas permis d’écouter la platine vinyle. Nous avions néanmoins eu la chance de pouvoir l’écouter quelques semaines auparavant et les résultats avaient été tout à fait excellents. Nous avons donc effectué quelques écoutes de fichiers de musique classique en liaison USB à partir d’un PC travaillant sous Linux. Aucune interface graphique donc mais des commandes en code ASCII directement par le programme d’exploitation. La convivialité n’est ni une exigence, ni une priorité pour Monsieur S, seul le résultat sonore importe. Nous devons avouer que les quelques pistes auditionnées ont dévoilé un système d’une très grande délicatesse délivrant des timbres remarquablement fins et justes. L’équilibre magnifique ne manifeste aucun soubresaut que l’absence de filtrage des haut-parleurs de grave et de médium aurait pu engendrer. Une des multiples forces du système réside dans le fait que chaque morceau déploie une palette sonore propre aux atmosphères de l’époque de la prise de sons. Scène sonore, couleurs tonales, nuances, dynamique, présence, rien n’échappe à ce système à la remarquable définition tout bonnement implacable vis à vis de la qualité de l’enregistrement. Quant aux fins de notes, elles n’en finissent pas de se terminer, la micro dynamique est époustouflante même à bas niveau d’écoute. Le manque de recul par rapport aux enceintes dû à la faible surface de la pièce et la directivité prononcée (sweet spot en un point précis) n’empêche pas le système de Monsieur S de délivrer une ampleur et une aération qu’il est peu courant d’obtenir avec des ensembles haute fidélité, même très haut de gamme. Du grand et beau travail.

José Galano

Nous tenons à remercier chaleureusement Monsieur S pour le temps qu’il a pu nous consacrer et pour son accueil fort sympathique et toujours décontracté.